« J’ai un CDI, je devrais être content·e. » C’est une phrase qu’on entend souvent au premier appel. Un contrat stable n’empêche pas de s’ennuyer, de s’user ou de ne plus se reconnaître dans ce qu’on fait. Et c’est justement parce que vous avez quelque chose à protéger qu’une reconversion professionnelle quand on est en CDI se prépare avec méthode, pas sur un coup de tête un lundi matin.
Peut-on préparer une reconversion sans quitter son CDI ?
Oui, et c’est même la situation la plus confortable : vous gardez votre salaire pendant que vous réfléchissez. Le bilan de compétences sert exactement à ça. C’est un accompagnement individuel et confidentiel, réparti sur plusieurs semaines, pour faire le point sur ce que vous savez faire, ce qui vous motive et ce qui coince aujourd’hui.
Ce n’est ni un test de niveau, ni un entretien RH déguisé, ni une agence qui vous trouve un poste. C’est un temps pour réfléchir avec une consultante dont c’est le métier, et pour repartir avec une synthèse écrite et un plan d’action.
La première question n’est d’ailleurs pas « quel nouveau métier ? » mais « qu’est-ce qui ne va plus ? » :
- le métier lui-même ;
- l’entreprise ou le management ;
- le rythme, les trajets, la charge ;
- le manque de perspectives ou de sens.
Selon la réponse, la suite change du tout au tout : changer de métier, changer d’entreprise, négocier une évolution en interne, ou retrouver de l’air là où vous êtes. Si c’est la peur de partir qui vous bloque, notre article J’ai peur de quitter mon CDI en parle sans détour.
Bilan pendant ou en dehors du temps de travail : qu’est-ce qui change ?
Quand on est salarié·e, on a deux façons de faire son bilan. Voici les règles au 30 septembre 2026, d’après les fiches de service-public.gouv.fr sur le bilan de compétences d’un salarié du privé et sur le CPF pendant le temps de travail.
| En dehors du temps de travail | Pendant le temps de travail | |
|---|---|---|
| Votre employeur | n’a pas à être informé | doit donner son accord préalable |
| La demande | aucune démarche auprès de lui | au moins 60 jours calendaires avant le début (bilan financé par le CPF) |
| Sa réponse | sans objet | sous 30 jours calendaires ; sans réponse, la demande est acceptée |
| Votre salaire | aucune rémunération pour ces heures | maintenu pendant les séances |
| Les résultats | à vous seul·e | à vous seul·e |
Si vous tenez à rester discret·e, la voie hors temps de travail est la plus simple : personne dans l’entreprise n’a besoin de le savoir. Nos horaires s’y prêtent, de 8 h 30 à 21 h 30 en semaine et le samedi matin, en visio depuis chez vous. Notre article peut-on faire un bilan de compétences sans prévenir son employeur ? détaille les cas particuliers.
Votre employeur saura-t-il ce que vous dites pendant le bilan ?
Non. Les résultats et la synthèse vous appartiennent : ils ne sont communiqués à personne sans votre accord. Ce n’est pas une promesse commerciale, c’est la règle : service-public.gouv.fr rappelle que « les résultats du bilan sont votre seule propriété » (règle au 30 septembre 2026). Même si l’entreprise finance tout ou partie du bilan, elle ne reçoit rien sans votre feu vert.
Il arrive aussi que ce soit l’employeur qui propose un bilan, dans le cadre du plan de développement des compétences. Dans ce cas, il faut votre accord : vous avez 10 jours pour répondre, votre silence vaut refus, et un refus n’est ni une faute ni un motif de licenciement (même source). Rien ne vous oblige donc à accepter un bilan dont vous ne voulez pas, ni à parler de celui que vous faites de votre propre initiative.
Comment financer son bilan quand on est salarié·e ?
Le CPF finance un bilan de compétences jusqu’à 1 600 € depuis le 20 février 2026, avec une participation obligatoire de 150 € depuis le 1er avril 2026 (sauf exceptions, dont les demandeurs d’emploi). Un seul bilan est financé tous les 5 ans. Quand votre employeur ou votre OPCO complète votre CPF, vous n’avez pas à payer cette participation, selon Mon Compte Formation (règle au 30 septembre 2026).
Le reste éventuel peut venir de votre employeur ou de votre OPCO ; sinon, il se règle en une fois sur Mon Compte Formation. Tout est détaillé sur notre page financer son bilan avec le CPF, et nos deux formules sur la page prix d’un bilan de compétences.
Cadres : que propose l’Apec, et en quoi est-ce différent d’un bilan ?
Si vous êtes cadre, vous avez sans doute pensé à l’Apec. Elle propose aux cadres et aux jeunes diplômés un conseil en évolution professionnelle gratuit, que vous soyez en poste, en recherche d’emploi ou démissionnaire avec un projet de reconversion, en rendez-vous individuels ou collectifs (apec.fr, consulté le 30 septembre 2026). Elle organise aussi un webinaire d’une heure, Reconversion, comment faire ?, qui présente le conseil en évolution professionnelle, le CPF et le bilan de compétences comme trois dispositifs distincts.
Le conseil en évolution professionnelle aide à s’orienter et à bâtir une stratégie. Le bilan de compétences, lui, est une prestation encadrée par le Code du travail : 24 heures maximum, trois phases (préliminaire, investigation, conclusion) et une synthèse écrite qui vous appartient. Les deux ne s’excluent pas.
Pour un cadre, le bilan est souvent l’endroit où l’on ose regarder en face les questions qui fâchent : le salaire qu’on est prêt·e à lâcher (ou pas), le statut, le réseau, la peur de « redescendre ». Notre article sur le fait de changer de métier sans perdre de salaire en donne un aperçu.
Avec quelle consultante quand on est salarié ou cadre ?
Chez nous, vous ne tombez pas sur « la consultante disponible ». Anne-Sophie, notre conseillère pédagogique, cerne votre situation au premier appel, puis vous oriente vers la personne dont le parcours répond au vôtre. Pour les salariés et les cadres, plusieurs profils de l’équipe s’y prêtent particulièrement :
- Emeline, qui a passé quinze ans dans le commerce de détail, dont dix à manager des équipes multiculturelles ;
- Sophie, près de vingt ans de management et de formation, qui accompagne évolutions et reconversions ;
- Naima, plus de vingt ans en gestion et support jusqu’au poste de responsable RH, entre industrie high-tech et start-ups ;
- Sophie R., qui s’est elle-même reconvertie en 2018 après dix-huit ans en marketing et commerce grands comptes.
Et une fois le bilan terminé ?
Vous repartez avec une direction et un plan d’action, pas avec une lettre de démission. Selon votre projet, la suite peut prendre plusieurs formes :
- rester et négocier une évolution, un changement de poste ou de rythme ;
- changer d’entreprise en gardant votre métier ;
- vous former sans rompre votre contrat, par exemple avec un projet de transition professionnelle : il faut justifier de 2 ans d’activité salariée, dont 1 an dans l’entreprise, et c’est l’association Transitions Pro de votre région qui examine le dossier (service-public.gouv.fr, règle au 30 septembre 2026) ;
- quitter votre poste pour vous lancer, une fois le projet vérifié : notre page démissionner pour se reconvertir explique comment s’y prendre.
Page mise à jour le 30 septembre 2026.







